In occasione del Marché de la Poésie, svoltosi tra il 9 e il 14 marzo all’Halle des Chartrons di Bordeaux per iniziativa dell’Association Culturelle du Marché des Chartrons in partenariato con la libreria Olympique, il poeta Bruno Rombi, nato a Calasetta (Cagliari), ma da circa cinquant’anni residente a Genova, è stato invitato a leggere le sue poesie della raccolta Come il sale-Comme le sel, apparsa in coedizione Nemapress di Alghero e Editions Henry-Montreuil-sur-mer nel 2008, anno in cui la raccolta è stata presentata al Salone del Libro di Parigi.
Durante la settimana del Marché sono state presentate da critici e lette da attori francesi le liriche di poeti di nazionalità diverse, fra cui quelle di Antonin Artaud, André Minvielle, Nazim Hikmet, Jacques Lacarrière, Yves Bergerac, Constantin Cavafy, Fouad El-Etr, Paul Celan, Marina Tsvetaïeva, Anna Akhmatova e di molti altri.
Il poeta Bruno Rombi, dopo aver reso omaggio ad Arthur Rimbaud leggendo in francese il suo poemetto Le Bateau fantôme che si ispira a Le bateau ivre, che ha letto nella sua traduzione in italiano, ha recitato alcune poesie del volume Comme le sel per poi passare alla lettura integrale delle 40 liriche di Fragments de lumière da lui scritte direttamente in francese e apparse a fine febbraio nella “Collection Encres Blanches” n.408 delle edizioni Encres Vives di Colomiers.
Il poeta e critico letterario André Ughetto di Marsiglia, che ben conosce la lingua italiana e che ha tradotto in francese, tra le altre opere italiane, il Canzoniere di Petrarca, nella quarta di copertina del volumetto dei Frammenti di luce scrive , fra l’altro:
La particolarità di questi quaranta Frammenti di luce è di essere stati composti direttamente in francese, come se Bruno Rombi scoprisse delle possibilità di rilancio del suo lirismo attraverso le nuove costrizioni alle quali si sottopone.

Così facendo, si iscrive in una tradizione di francofonia ospitale per gli stranieri che desiderano misurarsi con le risorse del nostro “fare” poetico, estremamente diversificato che altrove. L’autore si tuffa e si scopre in questo specchio: preoccupato da “le temps qui s’en va” e cosciente di un certo abbandono (“Je conduis le ménage/ de ma vie/ par un désordre de nuages”) e si giudica senza amenità, confessa molte volte la sua “follia” sua “soeur la plus souriante” e non nasconde un certo delirio di persecuzione:
Tous les jours je reçois / d’un ennemi / une lettre anonyme / elle me donne / la possibilité de vivre / sous la menace/ de sa haine
É con simpatia che si seguono gli errori della sua anima in pena, certamente meno tragici di quelli di un Dino Campana (per citare un Nerval italiano del XX secolo…), ma tortuosi come i dubbi che l’assalgono. Con i brancolamenti inventivi dei suoi ritmi brevi, questa parola muta, concisa e tagliente, ed è oracolare, a volte, caratteristiche, queste, ugualmente osservabili nelle poesie italiane, ma che ricevono qui, frammenti risaliti da un pozzo di sogni e di febbri, l’unzione del grande amore che Bruno Rombi ha per la nostra lingua.

FRAGMENTS DE LUMIÈRE
par Bruno Rombi

Allons, allons, chez nous
Déposer notre solitude
Dans un coin d’ombre discrète.

1
Je suis dans le sang
qu’une pluie d’habitudes
cache,
pluie de feu
où brûle mon cœur
nuit
à l’intérieur du noir.
Je suis le sang
au secret de ma vie
au miroir de ma mort.
Le sang de ma folie

2
Désirer d’être mort
mais vivre de folie continuelle
en la pensée
de mes amis
Se maintenir vivant :
pouvoir vérifier le secret
de l’amitié.

3
Une pluie anonyme de mots
tombe sur la ville
pluie qui ne mouille pas
l’image du paysage
ayant son miroir
dans la mobilité
de la mer
Accueil en elle
de la vraie pluie
naturellement.

4
Je conduis le ménage
de ma vie
par un désordre des nuages
et je dévaste le ciel
de mon avenir
en devinant le sort
de mon cœur malade
par infidélités envers
lui même.

5
Sur un plateau une rose
rouge d’amour
réchauffe l’air
de mon cœur.
Il respire l’amour chaud no no
qui le brûle
et il devient ainsi
un cœur brûlé
par les clients
exigeants
d’un restaurant.

6
Vides les nids
des oiseaux
lancés dans le noir
où se masque leur vol
sans dommage.
Par moments ils ouvrent
le noir entre les nuages
qui se mettent en ordre de marche.

7
Une rue à Paris
offre un mélange
de langages
qui cheminent
sans syntaxe
en avant, en arrière.
Le discours
qui en sort
est un poème
hermétique
écrit à plusieurs voix
d’un poète multiple.

8
Portrait de ma folie
de ma douleur salée,
de mon rire salace…
Tant va la vie au gré de ses courants.
A l’horizon je suis
le marin en partance
avec désir d’un nouveau port
fût-il aussi détestable
que l’a été le précédent.

9
Et cependant sans amour
je vais et viens
en avant en arrière.
Je cherche l’ombre
des mes oiseaux
qui abandonnent
le nid de la mélancolie
je cherche l’ombre
10
Sans savoir pourquoi
je marche sur la route,
je vais souvent tenter no
où je ne sais pas devoir aller.

11
Mais l’amour
que j’ai perdu
un jour en chemin
où est il allé
si je ne vois pas
qui me l’a volé no
sans penser
à ma solitude ?

12
Tous les jours je reçois
d’un ennemi
une lettre anonyme
elle me donne
la possibilité de vivre
sous la menace
de sa haine.

13
S’il y a quelqu’un
qui puisse me dire
pourquoi je ris
pourquoi je pleure
je serai très heureux
de me reconnaître
dans le fantôme
de mon visage.

14
S’il y a un moment
pour mourir serein
c’est seulement celui
où tu aimes l’amour
de tout ton cœur
sans savoir
que tu vas en mourir.

15
Mes rêves sont les spectres
de mon désespoir
leur déambulation
dans le caveau
de mon cœur désolé.

16
Connaissance du temps :
rappelle toi que les jours
même s’ils sont élastiques
n’ont pas pouvoir de s’allonger
outre mesure.
17
Sera-t-il demain
plus long ou plus court
mon moment de folie ?
Je ne sais pas et si je le
mesure
je vois qu’il n’est jamais
à ma taille quotidienne.

18
Avec mes mots
les plus terribles
je confectionne
un gâteau très appétissant
pour ceux qui tous les jours
voudraient me dévorer.
Mais dans sa crème brille
l’amertume des mes larmes secrètes
tandis qu’à mes amis
je parle en souriant
comme si je trouvais
le festin agréable.

19
En me couchant
je pense que la nuit
peut très loin m’amener,
sommeil véhiculant
mes obscures folies
dans la demeure d’irresponsabilité
puisqu’en mes rêves
je ne suis jamais moi même :
mais général ou prisonnier en fuite,
roi sans royaume,
rat et chat et poisson…
Situation compliquée que la mienne :
devoir passer
d’une condition à une autre
sans prendre le temps
de changer de tenue.

20
Me voilà
me voilà ce matin
un peu plus gigolo
volant sans avion,
au-dessus de la mer,
de la terre et de bois,
moi, l’oiseau singulier,
sans ailes, sans ailes…

21
Je marche tous les jours
seulement du pied droit
ayant tellement peur de tomber
par le gauche.

22
Allons, moi même mon ami,
laisse toi conduire par toi même.
Et donne moi la satisfaction no
d’être toujours moi en toi

23
Je marche chaque jour
– c’est ma route de fou-
à la rencontre
des fantômes de ma poésie.
Qui sont à la fois
des hommes et des femmes,
tous tellement visibles
que je me dis : non il n’est pas possible
que ce soient des fantômes,
mais ils en sont, c’est certain, ils le sont…

24
Cherche moi, si tu veux,
dans le coin d’ombre de lune
ou dans le rayon très féroce
du soleil de midi
si tu veux me connaître
ou froid comme la neige
ou ardent comme feu.
Mais ne me cherche pas
dans le tiédeur du coucher
parce qu’alors je ne suis pas moi même,
mais seulement l’ombre de ma solitude.

25
Il subsiste toujours quelque chose
à trouver, à comprendre, expliquer :
et aussi quelque chose
qu’on ne croit pas
possible de trouver.

26
Si nous avons le temps
de nous contempler
dans le miroir tendu
à nos jours enfuis
nous pouvons nous reconnaître
sur les chemins du futur.

27
Sous le ciel
ce matin bleu
tu seras serein toi-même
car le ciel,
mon ami,
est toujours
tien aussi.

28
Si la nuit tombe
sur ta tête
chapeau bas à la Nuit,
dame de respect
aux yeux de tous les chevaliers
qui se respectent.

29

Jeunesse n’étant plus
demeure la tendresse
de jeunesse
en ma pensée.

30
Maintenant
je m’en vais manger
un morceau
de papier poétique
en espérant
que les bons vers
feront bien
à mon sang.

31
Tous les jours
il y a quelque chose
qui t’amène à penser
que la vie marche encore
sur la route
de l’éternité.

32
Si tu parles d’amour
aux étoiles
elles ne te répondront jamais,
mais si tu parle d’étoiles
à ton amoureuse
elle te répondra
éclairée des lueurs
qu’elle en aura reçues.

33
Il y a pour tous
un problème à résoudre
et toujours un problème
ayant déjà sa solution.
Avancer
tranquillement
marcher dans la vie
en ne m’approchant
que d’un problème à la fois.

34
Si tu déranges ton cœur
ton cœur te dérange
et sans permis il te donne
un avis que tu dois
respecter sans mot dire.

35
Sans savoir si nous
avons à partir
un jour nous partirons
pour aller où notre cœur
nous conduira serein
et ce sera un voyage
imprévu et singulier
peut être vers l’éternité.

36
Tous les jours il y a quelqu’un
qui amène l’âne sur la place
sans penser qu’il n’y a pas toujours
sur la place l’espace
pour l’âne et qui le conduit.

37
Si je suis fou
c’est parce que la folie
est ma sœur
la plus souriante
la plus imprévisible,
la plus disposée
à me sourire
quand je chante
la chanson de ma tristesse.

38
Si la folie me touche
avec délicatesse
je chante ma tristesse
pour un temps fini.
Si la folie me baise
alors je ris content
parce que cette folie
est assez jolie femme.
Si la folie m’aime
alors, toujours, en chantant,
je parle de ma vie
qui est encore la mienne.

39
Lassez moi penser
que demain j’aurai
un éclat idéal
pour mes songes
et que je puisse aussi rêver
d’avoir un futur
d’un rêves après l’autre.

40
Je voudrais être un grillon
qui chante tous les matins
dans les champs de mon enfance
dans l’île que j’ai perdue.

41
Il y a dans la vie
de chacun des moments
où l’on s’aperçoit
d’être juste sur le point
de mourir de rire.
Et l’on pleure
très ému
d’être heureux,
sans raison,
comme les enfants.

42

Et maintenant
nous allons,
je et moi même,
sans distinction
nous retrouver,
nous qui sommes perdus
dans l’immensité
du silence.

43

Le mur de la maison
en face de ma fenêtre
est un très grand miroir
pour mon visage
qui se cherche toujours
dans la façade de pierre.

44

Devant la porte
de ma maison
il y avait, chaque jour,
un homme
qui, comme un frère,
demandait
de pouvoir entrer.
Mais je n’ai pas en moi
le souvenir des frères
que j’ai laissés
hors de ma maison.

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